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Mots des partenaires

Le mot d’Emmanuelle Bercot

Emmanuelle Bercot

« Tant de choses sont faites, en France, et avec beaucoup de vigueur, pour ce qu’on appelle les grandes causes. Parmi la multitude de choses à faire pour les plus nécessiteux, un petit îlot d’entre eux semble avoir été oublié, ou ne pas encore susciter suffisamment d’inquiétude ou de compassion pour qu’on s’alarme sérieusement et qu’on vienne en aide à ceux qui -c’est vrai- ne font pas de bruit et qu’on a rangé dans le casier de la précarité étudiante.

Pourquoi, en France, ne se préoccupe-t-on pas assez des jeunes et de leurs conditions d’études ?

Il y a me semble t’il aujourd’hui un courage admirable à se lancer dans des études quand l’horizon chômage est claironné à tout bout de champ, et l’on sait combien cette phase constructive des études devrait être un espace protégé au seuil du saut, devenu très violent et périlleux, dans la vie active.


Il y a à mon sens, associé à l’image de la vie étudiante, dans l’inconscient collectif, un esprit d’insouciance, de temps béni, d’écrin de protection et de douceur de vivre qui peut expliquer qu’on fasse si peu de cas de la détresse de certains d’entre eux.

En 2009, j’ai réalisé un film pour Canal +, Mes chères études, adapté de l’histoire vraie d’une jeune étudiante, en grande précarité, qui avait été amenée à se prostituer pour pouvoir subvenir à ses besoins et poursuivre ses études, auxquelles elle tenait plus que tout.
J’ignorais alors tout de cette situation dramatique selon laquelle plus de 45000 étudiants vivraient dans une situation de grande pauvreté, et 225 000 dʼentre eux peineraient à financer leurs études.

Moi aussi -je m’en aperçus alors- je voyais dans la vie étudiante un espace de protection. Moi non plus, je n’avais jamais envisagé le monde étudiant avec ce degré de gravité, et je me souviens avoir été alors extrêmement secouée de découvrir l’ampleur du désastre. Et navrée du peu d’action qui étaient menées pour faire bouger les choses dans ce domaine, sans parler des situations kafkaïennes de ces jeunes avec certaines structures sociales et financières.

Aussi, lorsque Florian Nunez, et Thomas Payen sont venus me voir pour me parler de leur toute jeune association Mind The Gap, j’ai été très touchée par leur dévouement à cette cause, et très sensible à leur démarche, d’abord parce qu’elle ne les concerne pas personnellement, et qu’ensuite ils se veulent -eux, plus chanceux- le porte voix de ces étudiants en situation de détresse dont ils savent que le rempart du silence et du secret est bien souvent le seul refuge possible.

J’ai moi aussi eu la chance de pouvoir au moins mener sereinement mes études, et sans elles, je ne sais pas ce que je serais aujourd’hui.
Le principe fondamental de l’égalité des chances mérite toutes les batailles et toutes les actions. Il y a urgence à mobiliser les énergies contre la précarité étudiante et à réveiller les esprits. Et c’est de tout mon cœur que je soutiens l’association Mind The Gap, et le combat généreux de Florian, de Thomas et de toute leur équipe, qui, si jeunes, portent en eux un sens de l’altruisme profondément admirable. »


Emmanuelle Bercot, Marraine

Le mot de Yatuu

Yatuu

« Ayant été confrontée au problème de précarité étudiante je suis consciente de l’importance pour tout individu d’avoir un toit au-dessus de sa tête et de manger à sa faim.

Lorsque j’étais stagiaire exploitée j’ai pris conscience qu’il y avait un réel problème que ce soit au niveau de l’emploi ou de la situation vis-à vis des étudiants. Certains ne mangeaient pas à leur faim et habitait dans une «cage à lapins». Cela ne s’est pas arrangé avec la recherche d’appartement. Tout au long de l’écriture de l’album «Génération mal logée» j’ai pu rencontrer des personnes en situation précaire. Certains vivaient en squat faute de choix, avec le stress permanent d’être expulsé. Certains étaient en CDI, à la retraite mais une bonne partie était étudiante.

Aujourd’hui en France il existe des étudiants qui faute de moyens, se soignent peu, se logent difficilement et se nourrissent mal. Contraints d’accepter des emplois sous-payés ils consacrent de moins en moins de temps à leurs études. Parce qu’ils ne veulent plus vivre à la marge de la société, beaucoup de ces étudiants précaires abandonnent les études sans diplôme.

Le constat est plus qu’alarmant. Je crois en l’égalité des chances, à la solidarité et à l’action citoyenne. Des associations comme Mind the Gap, dont je soutiens les actions, se mobilisent afin de lutter contre cette paupérisation, permettant aux étudiants d’alléger leur budget alimentaire et ainsi de dégager plus de temps pour leurs études. »




Yatuu, Membre d’honneur

Le mot d’André Comte-Sponville

André Comte-Sponville

« Etre précaire, c ‘est être provisoire et fragile. La précarité est donc l’état ordinaire du vivant. « C’est chose tendre que la vie, disait Montaigne, et aisée à troubler… » En pratique pourtant, on parle surtout de précarité pour désigner une situation de fragilité augmentée, qui atteint certaines couches, particulièrement vulnérables, de la population. Les étudiants en font trop souvent partie, d’abord parce qu’ils sont jeunes (quoi de plus fragile et provisoire que la jeunesse ?), mais surtout, pour beaucoup d’entre eux, parce qu’ils sont pauvres, ou parce que leurs parents ne sont pas assez riches pour subvenir à leurs besoins. De là, pour beaucoup, l’obligation de travailler en dehors et en plus de leurs études – au risque de rater leurs études pour pouvoir les financer ! C’est une injustice, par rapport à ceux qui peuvent se consacrer exclusivement à leur travail universitaire, et un gâchis, trop souvent, pour ces jeunes et pour la société. Bref, c’est une grande et belle cause que de combattre la précarité étudiante, ce devrait être une priorité nationale (les jeunes, dans notre société, sont moins protégés que leurs aînés), et je souhaite pour cela à votre association et à votre festival tout le succès qu’ils méritent !




André Compte-Sponville, Membre d’honneur

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